L’assemblée populaire de Saint Brieuc fait partie des initiatives motrices en termes de participation dans le département. Nous avons rencontré trois de ses membres.

Naissance la liste

« L’idée est née en Automne 2018. On se disait qu’il n’était plus possible de faire comme d’habitude, faire comme les listes traditionnelles. L’initiative est d’abord partie de l’UDB puis des Insoumis, et finalement d’un agglomérat d’organisations politiques diverses. Le premier problème est apparu avec la volonté de certains d’y intégrer le PS.

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Ca ne convenait pas, ça ne collait pas à l’idée initiale donc on s’est donné un temps de pause. » nous dit Marion, n°7 sur la liste.

Après ce premier écueil, la volonté de faire une liste plus large et sans étiquette a commencé à émerger chez les Insoumis. Avec en toile de fond l’idée de se détacher du parti. En juillet 2019, ils sont sollicités par diverses listes de gauche qui voulaient travailler en commun. Mais la condition pour eux était de rester sur leur idée première et primordiale… 

« Pas d’étiquette et tout se décide en assemblée »

Mais ça n’a pas convaincu ! Ainsi est née l’Assemblée Populaire de Saint-Brieuc !

Les méthodes utilisées

« Peu à peu, des méthodes d’éducation populaire sont injectées dans l’assemblée. Ensuite est venue la création de commissions concernant les grandes thématiques pour la ville de Saint-Brieuc, thématiques déclinées en verbes :

« DECIDER – BOUGER – TRAVAILLER S’ALIMENTER – HABITER – GRANDIR ET VIEILLIR EN BONNE SANTE – S’EPANOUIR – AGIR », nous rappelle Henry, n°6 sur la liste.

La tête de liste

La loi imposant une verticalité toute administrative, l’assemblée populaire a dû se plier à quelques règles, dont celle de la tête de liste. Ne pouvant se satisfaire de la posture verticale à une seule tête, ils ont trouvé une solution : y coller… Un monstre tricéphale !

Les 3 personnes issues du vote de l’assemblée sont devenues des porte-paroles :

« Ils portent la parole de l’assemblée et elle seule reste décisionnaire par consensus. Ca peut impliquer que les débats durent très longtemps. Pour la désignation des porte-paroles, l’assemblée a assisté à un moment unique et fort.

Ça a commencé par un vote sans candidat où chacun votait en son âme et conscience et à visage découvert. La joie et l’excitation étaient palpables, tout ceci tranchait radicalement avec la solitude du vote dans l’isoloir. » déclare Cécile, porte-parole et tête de liste administrative presque malgré elle. »

Tirage au sort de citoyens

L’assemblée s’est inspirée de l’expérience de Toulouse en tirant au sort 1% de la population inscrite sur les listes électorales. Il y a 29 0000 inscrits à Saint-Brieuc, donc 290 tirés au sort. Ensuite ce fut l’étape du démarchage, avec de bons retours. Les gens semblaient globalement très ouverts à l’idée mais peu enclins à s’y investir.

Sept tirés au sort sont venus aux réunions et deux ont finalement accepté d’être sur la liste. Un bilan que nos interlocuteurs jugent à la fois insuffisant mais aussi prometteur, au regard de la situation de défiance vis-à-vis des « politiciens ».

Les Gilets Jaunes

Les porte-paroles ont tenu à signifier que l’engouement national pour les listes participatives avait clairement été facilité par le mouvement des Gilets Jaunes. Il a permis un réveil de la conscience politique et la mise en œuvre de l’intelligence collective au service du bien commun.

Pour nos amis de l’assemblée populaire de Saint-Brieuc, l’ensemble de ces facteurs se sont coagulés. Les gens semblent désormais prêts, et même en attente, de voir l’émergence d’une nouvelle forme de véritable démocratie locale !

Par Gwen Ric
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