LA VALSE DES DÉ-RE-CONFINEMENTS !

 

Depuis le 15 décembre, le second déconfinement de l’année est effectif ! Wouh ! Oui, bon, avec un Couvre-Feu de 20H à 6H.. Non de 6H à 18H ? Un couvre-feu comme le faisaient les militaires, sauf que nous ne sommes pas en guerre ! Heu… Ha si ! Macron a dit qu’on était en guerre ! Mais macron c’est pas un militaire ? A la fin, on ne sait plus !

Bref, en attendant le prochain confinement, sur Guingamp et alentours on se dé-confine vraiment : la preuve, les mouvements sociaux reprennent de plus belle ! Suite à la proposition de loi sur la Sécurité Globale, beaucoup de GJ et de citoyens français ont bravé le confinement et sont allés manifester leur mécontentement. Les associations et les commerçants s’empressent de rouvrir leurs échoppes et les lieux alternatifs s’adaptent à cette drôle d’épidémie qui devient une drôle d’époque …

On est donc partis avec notre carnet et notre enregistreur pour vous rapporter quelques témoignages !

COLLECTIF GUINGAMP CLIMAT

A Guingamp, on a des voisins qui ont une drôle de boutique : le « Pas de côté ». Financé avec la revente d’objets de récup reconditionnés, animé par le collectif Guingamp climat, les bénévoles souhaitent en faire un lieu d’expérimentations sociales et politiques sur l’écologie. Comment cette boutique atypique a-t-elle vécu les confinements ? On a posé la question à Anne-Yvonne, Brigitte et Danièle, trois membres du collectif !

Réouverture !

Comme pour tous, le premier confinement printanier a été dur. Mais « Le pas de côté » à rapidement réouvert avec l’idée de reconstruire les liens qu’elle avait noués avec les passants et les nouveaux habitués. L’enthousiasme collectif faisait ouvrage, le lieu avait alors trouvé son sens. Une dynamique qui s’est cassée net avec ce 2ème confinement.

Anne-Yvonne partage alors son inquiétude de pouvoir tenir la boutique sur la durée. Puisque pour durer, il faut que le collectif récupère suffisamment de financement des personnes qui passent à la boutique faire des dons ou acheter les objets reconditionnés. La pause forcée des confinements fait que certains ne reviennent pas quand d’autres ont peur de rentrer à cause du virus.

Les Projets

Le collectif parvient à ouvrir régulièrement et à remettre en place des ateliers malgré le contexte actuel. Le plus emblématique est le jardin partagé à Traouzarc’h. « C’est un lieu d’appel et de contact facilitant ! » me dit Anne-Yvonne.

Autre projet : un spectacle de marionnettes que Marie et Anne-Yvonne préparaient avant ce 2nd confinement ! Une œuvre qui accumule les heures de travaux pratiques pour confectionner des dizaines de maquettes faites en récup. L’objectif : construire une action de sensibilisation écologique aux messages politiques loin de la simple moralisation.

 

En ce qui concerne les actions, un évènement qui était prévu pour le départ de la Vélorution avec une tente et un accueil des gens a été annulé par décision du Maire le XX, au dernier moment, sans réelle justification. Se rajoutent donc à la crise sanitaire les aléas politiques… Forcément, ça pose question et le collectif dit réfléchir à leurs modes d’actions : « Il faut que l’on réinvente des façons de s’adresser aux gens, et de fédérer les gens qui soient nouvelles ».

Et l’environnement dans tout ça ?

La situation inédite du Covid peut aussi être l’occasion d’une grande et belle prise de conscience. Pour Brigitte, des mentalités évoluent et des sensibilités s’affinent même si elles ne s’expriment pas forcément ou de manière très ponctuelle. Sur la question de l’écologie, ça peut aussi avancer sans qu’on s’en rende compte.

Pour Anne-Yvonne, il est important, plus que jamais, d’associer à l’idée d’écologie, la solidarité et pas le caritatif : on a vraiment besoin de faire les uns avec les autres et de s’interroger sur le partage plutôt que sur le caritatif.

 

Danièle conclut ainsi notre entretient : « N’oublions pas l’environnement ! Remettre la crise climatique sur le devant des préoccupations et ne pas se laisser aveugler par le virus. Ne laissons pas le Covid masquer la crise climatique. Et de se préparer à être vraiment en solidarité les uns avec les autres et de réinventer de nouveaux modes de consommation, de vie et voilà ! ».

Et voilà.

***

 

LA VELORUTION

Tous les mois, le collectif Guingamp Climat organise une vélorution. Une habitude que le contexte sanitaire vient bousculer – Alors pendant le rassemblement de Décembre, nous avons rencontré Patrick et Yann pour en parler.

Patrick :

« Certaines manifestations du Collectif n’ont pas pu être organisées, dont 2 Vélorutions, pendant ces confinements successifs. Le port du masque, les gestes barrières, les règles qu’il faut respecter, et bien ça va ! Lorsqu’on fait du vélo, ce n’est pas trop compliqué, d’autant que lorsque l’on sort du centre-ville, le port du masque n’est plus obligatoire.

La mise en place, la préparation et les autorisations nécessaires pour la Vélorution se déroule normalement même dans ce contexte difficile.

Au niveau des participants, on était plus en été, mais là, à l’approche de l’hiver et avec le confinement, il y a des personnes qui ne viennent pas. On se retrouve toujours un peu les mêmes, c’est dommage ! On aurait voulu élargir le groupe en allant justement dans d’autres petites villes avoisinantes. C’est une période bizarre mais je pense que tous ceux qui sont là, sont contents de se retrouver et de découvrir ou redécouvrir un peu la campagne.

Mais je pense qu’il va falloir revenir aux préliminaires, c’est à dire rester sur Guingamp afin d’être plus visibles sur la ville, justement pour sensibiliser les automobilistes à respecter les usagers du vélo. Ce qui n’est pas toujours le cas : malheureusement, il y a toujours des gens qui sont pressés, qui ne sont pas contents. Ils sont dangereux même ! Ils nous frôlent et ne respectent pas les distances. Je pense que l’on va revenir à ce que l’on faisait au départ, à savoir de faire des balades dans Guingamp avec des signalétiques, avec des panneaux.

D’autres personnes issues d’associations de Saint Brieuc, Lannion – qui ont entendu parler de nous – vont venir se greffer. Une démarche est faite au niveau de l’UCO de Guingamp et ils devraient se joindre à nous en février.

Il va nous falloir diffuser des infos et répéter, répéter pour, par la suite, attirer de nouveaux adeptes du vélo qui viendront faire la Vélorution avec nous surtout, et élargir le groupe ! »

 

 

Yann : 

« Cela m’apporte de faire du sport ! Je suis handicapé, alors ça me fait faire de l’exercice et participer à un mouvement qui est global : c’est un mode de vie et de société que l’on essaie de changer !

Le confinement a été un peu opaque et ça a été bien utilisé, bon on ne peut pas nier qu’il y a eu un virus, mais on se pose des questions. On va se faire traiter de complotistes ! (Rires !)  Mais la vérité est difficile à se faire savoir et quand elle sert à certains intérêts …

 

Déjà, aujourd’hui, on va se montrer avec la vélorution, ça permettra peut-être aux gens de s’interroger sur leur mode de vie. Mais quand on met des boulets aux pieds des gens : des dettes, des maisons à payer, des voitures à payer et des enfants à élever, c’est sûr que c’est difficile de bouger. C’est un mode de société qui a été mis en place et qui est bien ancré : ce sera difficile à faire bouger.

Après, il faut peut-être de l’éducation populaire, des prises de conscience ! A voir… »

 

 

 

 Myriam Pommelec – Janvier 2021