Manif : Soutien aux Migrants

Ce samedi 6 Février, suite à l’appel de 16 collectifs, plus de 450 personnes se sont rassemblées pour soutenir les droits des migrants à Guingamp.

La Manif

Dès 14 H 30, un rassemblement de 450 personnes s’est tenu place du Champ au Roy à Guingamp, dans une ambiance festive ! 

Seize Collectifs avaient appelé au rassemblement pour le soutien aux migrants : Kengred, Meskaj, Cajma, Cimade 22, Collectif Solidarité Migrant.e.s du pays de Guingamp, Collectif de soutien aux personnes exilées de Bégard, Collectif de Soutien aux Migrants du Goëlo-Paimpol, Jamais sans toit en Trégor, Collectif de Soutien aux Migrants de Châtelaudren Les Gens heureux, Habitat et humanisme, Plouer Réfugiés, Amnesty International 22, LDH 22, CGT, Sud-Solidaires, CSSP.

Tout d’abord, les organisateurs ont donné la parole aux différentes organisations qui ont appelé à manifester pour le Respect des Droits des Migrants et contre l’exclusion d’enfants migrants de moins de 15 ans mis à la rue sans aucune autre forme d’aides.

Nous avons pu entendre les différents collectifs demander un peu plus d’humanité dans le traitement des dossiers et dénoncer les agissements de la PAF (Police aux Frontières) qui refusent des papiers de pays souverains.

Un des organisateur déclare 
“Nous sommes encore dans l’ère du néo-colonialisme, ce n’est toujours pas terminé !   Il faut que ça s’arrête !”

La foule part donc en manifestation autorisée en traversant le centre-ville de Guingamp, au son de la fanfare et des majorettes ! Le cortège fera une longue pause devant la Maison Du Département qui gère l’information, la coordination et l’accompagnement des citoyens et des sans-papiers.

Les Collectifs qui ont pris la parole

 

La CGT Morlaix

 

Elle suit actuellement quarante dossiers de travailleurs sans papiers sur deux entreprises de ramassage de volailles. Ils ont interpellé les pouvoirs publics et vont être reçu par le Préfet. Onze travailleurs sans papiers ont reçu leurs papiers, reste six qui attendent encore.

CAJMMA 22

C’est un collectif d’accueil de jeunes migrants mineurs exclus de l’aide sociale à l’enfance des Côtes d’Armor, créé en 2018 pour prendre en charge les jeunes migrants mis à la rue et souvent en grande détresse physique et psychologique. (200 familles d’accueil bénévoles accueillent actuellement une soixantaine de jeunes : hébergement, soins médicaux, scolarisation, soutien scolaire, aide à l’administration, aide à l’obtention de papiers officiels et titre de séjour, et formation aux usages en vigueur dans notre pays)

Le Collectif nous rappelle qu’en France, il y a environ 300 000 étrangers en situation irrégulière selon le ministre, ce qui fait 0.5 % de la population française. Ce qui est très peu comparé à d’autres pays. (Liban : 2 Millions)

Collectif Solidarité Migrant.e.s du Pays de Guingamp

Ce collectif aide à l’apprentissage du Français, à la recherche de stage, à l’intégration sociale, à la rencontre d’autres personnes d’ici et d’ailleurs. Ils sont les intermédiaires pour accéder aux démarches administratives, à la scolarité, aux institutions, aux aides des assos caritatives, etc.

Sa représentante termine sa prise de parole par une phrase percutante : 
“Quand on rencontre des personnes en cours de migration, on s’enrichie mutuellement. On comprend mieux les enjeux politiques et géopolitiques.”

Mme Bernard, Présidente du groupe communiste au Conseil Départemental des Côtes d’Armor

Devant la Maison du Département, elle assure tout le soutien de son groupe politique. Ils militent pour l’accompagnement des jeunes migrants, pour un bilan de santé. Ils dénoncent toutes les difficultés sur les tests osseux qui sont pratiqués sur les jeunes migrants afin de connaître leur âge. Elle dénonce également le manque de moyens humains pour l’accompagnement de ces jeunes migrants.

 

 

 

CIMADE 22

C’est une association nationale qui accompagne tous les migrants dans leurs difficultés administratives. Elle sensibilise la population à tout ce que vivent les migrants. Sa représentante dénonce l’amalgame entre les migrants et les terroristes.

Des témoignages…

Nous avons pu entendre au micro le témoignage d’un Migrant travailleur précaire à Morlaix.
Il travaille dans une entreprise de ramasse de volailles avec 16 autres sans papiers. Le patron les recrute en leur promettant de les régulariser et de s’occuper de leur obtention de titre de séjour. Cependant, ne connaissant pas leurs droits, ces sans-papiers travaillent d’arrache-pied pendant que leur patron ne commence aucune démarches pour leur régularisation.
Pendant le 1er confinement, on leur avait demandé de travailler pour nourrir la France : ils étaient fiers d’aider le pays qui les a accueilli. Alors, malgré le risque de se faire contaminer, ils y allèrent. Mais, le patron ne leur donnait que 2 masques par semaine. Certains ont  choppé le Covid. Quand ils se plaignaient du manque de sécurité, le patron leur répondait qu’ils pouvaient repartir dans leur pays et que lui était français et était chez lui ! Il leur mettait la pression, leur diminuait le temps du chargement des camions, leur interdisait d’aller aux toilettes.
L’inspection du travail fit une descente sur le chantier, les migrants eurent peur malgré leur contrat. L’inspection se rendit compte que le patron les exploitait. La Police Aux Frontières les auditionna et leur demanda s’ils voulaient porter plainte. Mais ils étaient confus, le patron leur avait fait miroiter une régulation.
Sur ces dix-sept sans-papiers, onze ont reçu leur titre de séjour. Mais les six autres sont ballotés d’administration en administration et on les fait tourner en rond dans les démarches administratives alors qu’ils ont travaillé près de 2 ans dans cette entreprise ! Ils sont en colère car ils ont côtisé à la MSA (Mutualité sociale agricole) mais ayant été malade du Covid, ils n’avaient droit à rien car ils n’avaient pas de papiers !

Témoignage d’un jeune sans-papiers de 15 ans : 
Il remercie chaleureusement les personnes qui se mobilisent pour eux et essentiellement les familles d’accueil qui les prennent en charge. Le conseil départemental les a laissé tombé, dit-il. Il assure qu’ils aiment la France qui les a tout de même accueilli, et sont prêts à y travailler et à respecter la loi française.

 

Le cortège se rend alors devant la sous-préfecture et finit la manifestation au point de départ, Place du Champ au Roy. La manif se disperse vers 17h dans le calme.

Le Collectif Solidarité Migrant.e.s du Pays de Guingamp recherche des bénévoles.
Pour plus d’info : 06 81 60 19 59.

 

 

 

Myriam Pommelec – Février 2021