Stop Pesticides !!!

Sept Faucheurs Volontaires comparaissaient ce vendredi 29 janvier au tribunal correctionnel de Guingamp. 
Un rassemblement de soutien s’y tenait et a mobilisé une bonne centaine de personnes dans une ambiance détendue et bienveillante entre 8h30 à 14h.

Rassemblement de soutien

 

Tout le long de la matinée, des animations ont eu lieu grâce aux différents collectifs présents. Nous avons pu écouter des chants, des diatribes et même goûter à une délicieuse soupe préparée sur place.

Pendant ce temps, les sept Faucheurs Volontaires ont pu expliquer leurs actes devant la justice.

Retour sur ce qui les a amenés à comparaître…

 

En mars 2016, une dizaine de Faucheurs Volontaires repeignent, à visage découvert, des bidons de glyphosate dans trois jardineries. C’est une action réalisée en simultané dans plusieurs autres départements français (Ardèche, Hérault, Morbihan, etc.). 
Leur but ? Dénoncer la lenteur d’application des mesures visant à interdire ces produits nocifs dès janvier 2016.
Sept d’entre eux ont donc été convoqués le 20 octobre 2017 afin de répondre de leurs gestes devant la justice. Quant aux autres, ils ont eu droit, comme par hasard, un contrôle fiscal ! 

La Défense…

 

Leur défense avait demandé au tribunal de suspendre l’audience pour saisir la Cour de Justice Européenne pour une exception d’illégalité afin qu’elle se penche sur la conformité – au principe de précaution – des procédures d’homologations des substances actives des produits phytosanitaires.

 

 Jérôme Bouquet-Elkaïm, avocat des Faucheurs Volontaires :

“L’affaire a donc été renvoyée à la Cour de Justice Européenne qui a rendu un arrêt le 1er octobre 2020 qui dit que le texte qui organise l’approbation des produits phytosanitaires est conforme au principe de précaution, mais que les procédures doivent être appliquées d’une manière spécifique (…) : dossiers accessibles au public, basés sur des données bibliographiques à jour sur le plan scientifique ; les évaluations environnementales doivent intégrer les effets cumulés avec les éco-formulants ainsi que des analyses à long termes de toxicité et de cancérogénicité (…).”

Suite à cet arrêt, les sept Faucheurs sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Guingamp pour les faits de dégradations volontaires de 2016.

 

 Jérôme Bouquet-Elkaïm, avocat des Faucheurs Volontaires :

 “Nous avons plaidé l’état de nécessité sur la base de l’ensemble des éléments qui se sont accumulés depuis des années (scientifiques et environnementaux) à la fois sur la dangerosité du glyphosate et des produits phytosanitaires qui intègrent cette substance active.” 

“Ce danger doit, dans les circonstances actuelles, appeler une réponse pour mettre fin à cette situation.”

Dans les jardineries concernées, la règlementation n’a pas été respectée (produits directement accessibles au public, manque de formation des vendeurs), or une fois écoulés ces produits sont répandus et constituent donc une menace pour la santé publique et pour l’environnement.

La procureure demande une peine d’amende de 1000 euros par personne dont 900 avec sursis. La défense des Faucheurs réclame quant à elle, la relaxe au vu du scandale sanitaire en cause.

La délibération est prévue pour le 2 avril. 

Affaire à suivre…

 

Myriam Pommelec – Février 2021